01 avril 2009
Chanel en trois détails
À la lecture d'une image, on peut être saisi d’impressions impossibles à verbaliser. Parfois pourtant,
l’intuition se laisse apprivoiser et l’on parvient à mettre des mots sur un ressenti visuel.
Exemple avec cette pub Chanel de la saison, assez sobre comme tous les visuels Chanel du moment.
On s’arrête d’abord sur la robe longue à la coupe sage mais truffée de détails sophistiqués. Et puis le regard
se déplace à droite et capte le logo Chanel, entouré de trois éléments de décor qui viennent nous rappeler
que Chanel, c’est un style reconnaissable entre mille grâce à quelques détails clés.
La fenêtre avec ses petits carreaux rappelle le sac à main 2.55, la double épaisseur de vitrage
se chargeant d’évoquer le relief du matelassage. Le chapeau de paille à l’ondulation savante rappelle
le camélia emblématique de la marque. Quant aux touches du piano, elles renvoient aux galons
qui gansent le tweed des tailleurs Chanel, mais aussi au noir&blanc dont les escarpins bicolores constituent
une des déclinaisons les plus célèbres.
Et les rubans, les nœuds, les chaînes, me direz-vous ? Point trop n’en faut : ils sont déjà sur la robe…

15:24 Publié dans Motif | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : chanel
22 mars 2009
Les verts virent au minéral
Le vert est toujours d’actu et pourtant… tout a changé. En décembre je constatais l’omniprésence
dans notre paysage des verts chauds et violents à connotation potagère (fenouil, épinard, anis, pistache,
olive, etc.) À l’occasion du changement de saison, les verts délaissent l’organique et virent au minéral.
À savoir : eau, roche, sable, minerais, métaux et tous les croisements chimiques imaginables entre
ces différents corps. Résultat : bonjour vert d’eau, vert Céladon, vert-de-gris, glauque, émeraude, turquoise
(vert-bleu), Véronèse… Des verts plus doux mais aussi plus froids. On aime mieux, on aime moins ?
Qu’importe, du moment que ça change. Faute de quoi les modes ne seraient pas modes.
Vert d’eau pour la couverture du premier numéro de Love, le nouveau magazine lancé en Angleterre
par Condé Nast (Vogue, Glamour, GQ).

Vert-de-gris pour Longchamp qui se lance cette saison dans le prêt-à-porter.

Bois peint émeraude pour Paul et Joe.

À nouveau, bois peint émeraude tirant sur le turquoise pour la couve du catalogue de VPC Elle Passions.


18:08 Publié dans Couleur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : love, longchamp, paul&joe, helmut newton, petit bateau
05 mars 2009
Nostalgiques de l'argentique
L’argentique, c’est fini ? Qui n’a pas son petit appareil photo numérique ? Même moi, j’ai fini par m’en faire
offrir un à Noël après des années de résistance. Un superbe joujou vert anis qui ne me fera pourtant pas oublier
mon vieux Canon A1, le bruit du déclencheur, le plaisir d’entendre avancer la pellicule, etc. Et si un jour
les vraies photos papier revenaient en grâce comme le disque vinyle ? Une nostalgie que je ne dois pas être
la seule à éprouver si l’on en croit la prolifération d’images évoquant cet autre âge de la photographie.
Polaroid, négatifs, planches contacts et pellicules nous rappellent qu’il n’y a pas si longtemps, la photo était
avant tout un support...
Effet Polaroid pour la marque de sportswear californienne Ambiguous et pour Vans girls.


Le motif Pola est très utilisé en presse magazine pour la mise en scène des sujets. Effet “sur le vif” assuré…
À gauche, dans Madame Figaro du 28 février 2009. À droite, dans Glamour de février 2009.

Effet négatif pour Dr Martens – Effet Photomaton pour Iceberg (printemps/été 2007).

Effet pellicule pour Jean Paul Gaultier et Galliano (campagne printemps/été 2007). John Galliano fut
condamné à verser 200 000 euros d’indemnités à l’artiste William Klein pour contrefaçon de ses œuvres,
les “contacts peints”.


Effet planche contact pour la marque de sportswear Fenchurch.


Idem pour Décathlon qui communique sur les journées Trocathlon.

15:08 Publié dans Motif | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ambiguous, vans, madame figaro, glamour, dr martens, gaultier, galliano, coq sportif, fenchurch
02 mars 2009
Des typos qui tapissent
Les lettres se dotent d’un double pouvoir d’évocation, supports à la fois d’un message linguistique
et d’un message iconique. À rapprocher du thème "Pop art 00's" de l'hiver dernier.
Affiche de l'Ethical Fashion Show, le salon professionnel de la mode éthique, octobre 2008.

Pub double page pour l'enseigne américaine de restau rapide Kentucky Fried Chicken, printemps 2009.

Paris, capitale de la création, une opération qui regroupe 17 salons professionnels de la mode,
du design et des métiers d'art.

Evolution de la campagne d'affichage Imagine-R, septembre 2008.

Une illustration de la graphiste Soledad – Pub pour le centre commercial Quatre Temps à la Défense.

Annonce pour la boîte d'intérim Mayday, spécialisée dans la communication et les arts graphiques.

15:19 Publié dans Graphisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ethical fashion show, kfc, paris création, imagine r, soledad, quatre temps, mayday
18 janvier 2009
Découpages, collages et incrustations
À rapprocher du thème “Body double” de l’hiver dernier.
Stella McCartney : Kate Moss et Frankie Rayder abritent en leur sein une drôle de licorne : alter-ego mythologique ?

L’Italien Antonio Marras, directeur artistique de Kenzo, inaugure sa dernière ligne Isolamarras,
inspirée de la campagne sarde qui l’a vu naître. Un romantisme fleuri comme inscrit dans les gènes.

L’expo À qui appartenaient ces tableaux ? s’est tenue à l’automne au Musée d’art et d’histoire
du judaïsme. Des œuvres d’art spoliées par les nazis durant la dernière guerre dont on n’a pas
retrouvé les propriétaires. Autant d’inconnues, autant de déchirements.

Chez Kenzo, on joue des ciseaux et de l’emporte-pièce depuis plusieurs saisons.
Automne-hiver 08/09 – printemps-été 07 :

Printemps-été 08 :

10:10 Publié dans Graphisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stella mccartney, isolamarras, kenzo
09 janvier 2009
Simple comme une marge blanche
Lorsqu’une marque cherche à se repositionner, c’est que je sache toujours dans le même sens :
rajeunir, glamouriser, urbaniser, déringardiser, monter en gamme plutôt que l’inverse. Une évolution
qui peut prendre plusieurs saisons avant que tous les aspects de l’image de marque (campagne
pub, catalogue, design boutiques, site web, etc.) soient raccord.
Du seul point de vue de la création publicitaire, un des signes graphiques immédiatement associés
au haut de gamme est la présence du blanc, et plus précisément de la marge blanche, appelée parfois
“blanc tournant” lorsqu’elle est régulière. Le blanc, c’est le luxe de ceux pour qui l’espace et le temps
ne sont guère comptés. C’est aussi une expression du bon goût : less is more.
Le blanc est ici le plus souvent associé à un intérieur bourgeois.
Evident : moulures, parquet, meubles élégants ;
Détourné : l’atelier d’artiste ;
Elliptique : discret revêtement de sol ou mural, allant jusqu’au fond neutre et uni d’un studio photo.
Isabel Marant, estampillée "créateur" donc forcément haut de gamme.

Comptoir des Cotonniers, une enseigne moyen-haut de gamme qui a trouvé son concept :

Sandro, moyen-haut de gamme.
retrouve le souffle en 2001 en intégrant le réseau Orcade. Depuis 2003, la marque connaît un renouveau
stylistique. Elle entend flirter désormais avec "les étages les plus démocratiques du haut de gamme".
de la fille blonde avec celle de la pub Isabel Marant.


À ses débuts en 1983, Kookaï, roi de la maille fantaisie abodable, faisait le bonheur des adolescentes (dont j'étais).
En 2005, nouveau concept "industriel chic" pour les boutiques de la chaîne, montée en gamme et tutti quanti.
Apparition de la marge blanche cette saison.

André, enseigne créée en 1904, s'est toujours adressée à une clientèle populaire. Sa vocation ? Chausser toute
modèles exclusifs par saison. Le tout reste très abordable et les modèles tendances cohabitent en boutique


Au début des 80's, San Marina débarque avec plus d'un atout dans son sac : des prix attractifs, une pléthore
de nouveaux modèles à chaque saison et un concept de vente original : des boîtes de chaussures empilées
à même le sol sur toute la surface du magasin. Jusqu'à présent, les visuels des pubs San Marina montraient
une chaussure en gros plan. Avec la marge blanche + l'intérieur bourgeois, on affiche clairement son désir
de monter en gamme. Sauf que les boutiques et surtout le design des boîtes ne suivent pas...


17:56 Publié dans Composition | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : isabel marant, comptoir des cotonniers, sandro, minelli, san marina, andré
23 décembre 2008
Primaire comme trois couleurs
Primaire, primeur, primevère : vivement le printemps. Un thème qui n’est pas sans rappeler les détriplements quadrichromiques de l’hiver dernier.

Image d'ouverture d'une vente Puma sur un site marchand, mars 2009 :


Pub pour les Audi Talent Awards, le programme de mécénat artistique de la firme Audi France.


18:51 Publié dans Couleur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pop ladies, ayo, montpellier, auditalent awards, puma, trax, cb web
22 décembre 2008
ABC = Avant-garde, Bodoni, Conduit
Dans son hors série VIP de fin d’année, L’Express explique et décrit les caractères typos utilisés dans ses pages.
Une démarche “pédagogique” que pour ma part j’adorerais voir se généraliser. Parce que la typographie me passionne,
et parce que les choix de direction artistique dans la presse ne sont que très rarement justifiés, partagés avec
les lecteurs, contrairement aux choix éditoriaux. Ainsi L’Express nous suggère-t-il ce qu’il entend par “VIP” : amateur
de luxe à fort pouvoir d’achat, certes, mais doté d’un supplément d’âme. Un lecteur suffisamment esthète et cultivé
pour s’intéresser au nom, à l’histoire et aux connotations de tel ou tel caractère typographique.


14:14 Publié dans Typo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : l'express, avant-garde, bodoni, conduit
19 décembre 2008
Je rêve donc je suis
Après le célèbre “I have a dream” de Martin Luther King, signature de sa campagne printemps été 2008,
Meltin Pot revient sur le Vieux Continent et emprunte à Descartes son “Je pense donc je suis”,
tout en gardant le thème du rêve, exploité cette fois dans l’univers des contes, mythes et légendes.
Cela aurait pu donner “I dream therefore I am”, mais on a préféré faire simple : “I dream. I am”. Je ne résiste
pas à la tentation de préciser que cette figure consistant à supprimer les liens logiques dans un énoncé
s’appelle l’asyndète (j’ai appris ce mot tout récemment en lisant Roland Barthes).
La Belle et la bête s’invitent au bal d’Edgar Poe.

Une Belle au bois dormant bientôt galvanisée par la Fureur de vivre.

Le jugement de Pâris rencontre le Manège enchanté.

18:12 Publié dans Message | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : meltinpot, je pense donc je suis
18 décembre 2008
Saturday : saturée
Après les titres de la presse people, rebaptisés féminins people (Public, Closer puis Voici), c’est au tour du magazine
Elle de changer son jour de parution du lundi au samedi. Pour moi, ce n’est pas une bonne nouvelle. Le week-end,
je me plais à prendre le temps de feuilleter la presse “du jeudi” (L’Express, Match, Courrier international, Nouvel Obs…)
et me fends de quelques petits extras : madame Figaro, Libération Next, JDD, Le Monde 2, etc. Sans les people
et surtout sans Elle, que me reste-t-il à découvrir le lundi matin pour bien démarrer la semaine ?

19:18 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : elle, public, closer, voici
Où avais-je la têtière ?
Un peu de vocabulaire journalistique. La têtière est le mot ou groupe de mots placé dans le coin
supérieur d’une page de magazine. Ce peut être le titre d’une rubrique, un mot-clé qui donne
le ton ou n’importe quelle fantaisie permettant d’accrocher, au même titre que le… titre, l’intérêt
du lecteur. Quant à l’ouverture, c’est la double page qui ouvre un sujet long de plus de trois pages.
Petit couac rigolo dans le numéro de décembre 2008 du magazine Cosmopolitan.
En haut à gauche, la “tétière ouverture” attend toujours désespérément d’être baptisée…


15:57 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cosmopolitan, éditing, têtière
09 décembre 2008
L'art et la bannière
Ce blog est resté silencieux pendant cinq mois, pour cause de fatigue due à une double grossesse… Maintenant
que me voilà de retour, bien que toujours enceinte, j’en profite pour changer ma bannière. Conformément
à ce qui était prévu à l’ouverture de ce blog en octobre 2007, l’image est constituée de cinq extraits des campagnes
de la saison. Elle est donc supposée changer à chaque saison. Pour info, voici les visuels de l'automne/hiver
08/09 dans leur intégralité. Les aviez-vous reconnus ?
Marithé et François Girbaud :

Eastpak – Alexander McQueen :


Bocage – Kanabeach :


20:37 Publié dans Perso | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : eastpak, girbaud, mcqueen, bocage, kanabeach, bannière
07 décembre 2008
Leitmotiv réel et sérieux
Papiers peints, carrelages, verrières et tissus d'ameublement jouent à cache-cache avec les imprimés
et la couleur ou, au contraire, mettent en relief l’uni et le noir.
Missoni 08/09 :
Missoni ne nous a pas habitués à des décors aussi chargés. Le roi de la maille à rayures et chevrons multicolores
a plutôt besoin de vide pour mettre en valeur ses imprimés géométriques. Pourquoi ce brusque changement ?
En fouillant dans l’actu de la marque, j’apprends que Missoni a décidé, pour la saison 08/09, “d’élargir son vocabulaire”
et “d’abandonner son champ lexical habituel”. Les rayures, chevrons, motifs hypnotiques, se retrouvent donc,
par transfert, sur tous les éléments de décor de cet intérieur bourgeois flamboyant. Il faut que Missoni reste Missoni.




Pourchet 08/09 :

Moschino printemps/été 08 :

Chaussures Cosmo 08/09 avec leur nouvelle typo "bijou" :

Madonna pour Louis Vuitton, printemps 09 :

13:30 Publié dans Décor | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : missoni, moschino, vuitton, pourchet, cosmo, madonna
04 décembre 2008
Le fond de l'air est vert
Un peu à la façon de la gamme des violets, les verts s’installent durablement dans le paysage publicitaire,
mode et déco. Afficher un vert bien assumé place tout de suite dans l’air du temps, et ce depuis plusieurs saisons.
Non, il ne s’agit pas des verts typés écolo qui fleurissent dans les pubs industrielles ou territoriales. Ici, point
de vert prairie, de vert céladon, de vert d’eau ni de vert anglais incarnant “l’idée” de nature. Mais plutôt des verts
pistache, avocat, olive, fenouil, anis. Un violent goût de potager, à mille lieues du politiquement correct insipide
censé adoucir l'univers impitoyable des grosses compagnies.
Just Cavalli de Roberto Cavalli 08/09 :



Louis Vuitton 07/08 avec Scarlet Johansson :

DKNY 08/09 – Paul Smith 08/09


Agyness Deyn dans le mensuel féminin musical Diva – Campagne d'affichage & presse Dim 08/09 – Les Putafranges dans L'Express Styles :


17:57 Publié dans Couleur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cavalli, paul smith, agyness deyn, dkny, putafranges, vuitton
31 mai 2008
Heureux qui mobilis
Eastpak, AOL et la marque de sportswear allemande Timezone ne se sont sûrement pas donné le mot.
Pourtant, ces trois hurluberlus à la modernité un peu extrême se ressemblent. Dans leur façon d’appréhender
la vie comme une grosse éclate, de dire quelque chose avec chaque détail de leur look. Leur accastillage,
devrais-je dire, car rien ne saurait empêcher ces trois personnages de porter sur soi, d’emporter
avec soi tous les attributs de leur “soi” profond. Le règne de la mobilité a commencé et le monde appartient
déjà à ceux qui ont pris le train à l’heure.
Le zombie hyper stylé de la saga Eastpak affiche sa triple identité rock, électro et hip-hop. Il ne quitte jamais
sa platine vinyle, qui le suit partout dans l’espace-temps. Accroches : “I love life”, “Built to resist”.

d’ AOL a choisi de ne pas choisir. Ce sera tout, tout de suite, partout. Accroche : “Vous, entièrement”.

l’homme-orchestre Rémy Bricka traversait nos émissions de variétés : avec tous ses instruments sur le dos,
en toutes circonstances. Accroche : “Live your passion”.

18:19 Publié dans Style | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : eastpak, aol, timezone, attitude
23 mai 2008
Zeugma or not zeugma ?
Pataugas, la chaussure tout-terrain appréciée des scouts, est née en 1950 au pays basque. Au début des
années 2000, à la faveur d’un lifting d’image, elle devient tendance, urbaine même (un produit outdoor
“avec un traité ville sophistiqué”). Mais pour garder son âme, la marque a conservé sa philosophie d’origine :
découvrir de nouveaux territoires. Écologie et goût de l’aventure, “les clés patrimoniales qui ouvrent les routes
de l’avenir”. Authenticité, donc, parfaitement portée par cette fille hypernature au décoiffé de baroudeuse,
au marcel destroy tenant un gobelet usé, écrasé mais non jeté !

Et maintenant, le message. “Routes, rues, avenues et ailleurs”. Vous ne remarquez rien ? Le “et ailleurs”
apporte comme une surprise, un décalage. Parce qu’il s’agit d’un adverbe, et qu’il est coordonné à une série
de… noms. On s’attendrait, en toute logique, à une progression du type “Routes, rues, avenues et autres
voies”, ou bien “Sur les routes, dans les rues, sur les avenues et ailleurs”. C’est le mix 3 noms + 1 adverbe qui crée
une rupture . Cette figure de style (car c’en est une) porte un nom : le zeugma. Convoquer une classe grammaticale
inattendue dans ce contexte, c’est comme ajouter une dimension… inespérée à notre conquête du monde.
C’est dire : la Terre m’appartient… et même la Lune si je veux !
Autres types de zeugma :
Ionesco : “Le yaourt est excellent pour l’estomac, les reins, l’appendicite et l’apothéose”
(coordination de 3 éléments concrets + 1 abstrait).
Apollinaire : “Sous le pont Mirabeau coule la Seine/Et nos amours” (coordination sens propre + sens figuré).
21:40 Publié dans Message | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : pataugas, zeugma
21 mai 2008
Mise en scène, mise en page, mise en pub
Le publirédactionnel est un objet publicitaire personnalisé conçu de façon à s’insérer harmonieusement dans
une publication en adoptant le plus souvent ses codes graphiques, sa maquette, etc. Dans cette optique, il peut
être réalisé en partenariat avec la rédaction du magazine. Du coup, le lecteur, s’il y prête un œil distrait, n’y voit
que du feu, même si la mention “publirédactionnel” est obligatoire. Il est persuadé d’avoir affaire à une vraie
page de magazine, pas à une pub déguisée en rédactionnel. C’est une pratique extrêmement fréquente dans
la presse féminine. Voici deux exemples qui concernent des marques de basket : Converse et Reebok.
Converse insère dans le magazine de cinéma Première un “publi” intitulé Converse : la Filmo, soit cinq décennies
de films dont les héros portent le modèle mythique de Converse, Chuck Taylor All Star. Ce pourrait être
un “sujet mag” comme un autre, et pourtant… c’est de la pub.



Reebok, pour fêter les 20 ans du modèle Freestyle, a choisi le magazine de mode Crash pour inaugurer
la saga publicitaire Reebok Freestyle Cities Collection. Sur ces deux doubles, tout le texte est composé comme
les chapeaux dans le reste du mag : même typo, même casse (tout-capitales), même graisse, même corps.
Le nom des guest-stars (la chanteuse Yelle pour Paris et une danseuse tokyoïte), lui, affiche la même couleur
de contraste (un genre de bleu lavande light) adoptée partout ailleurs dans le mag.




21:23 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : converse, reebok, yelle, publirédactionnel, crash, première
16 mai 2008
Encore plein de lettres pleines
Les lettres pleines, ça continue. On ne remplit plus seulement les O, les A, les P... mais aussi les M, les N...
L'album Asia Argento vs Antipop, Archigram & Friends - La couve du roman Rockstar d'Alexandre Julhiet.


Double d'ouverture de la série mode Tenues de gala dans le magazine Mixte de mai 2008.

L'affiche Urban Beauty Show, l'événement mode+art+musique de Fornarina, le 12 mai au Carrousel du Louvre..

09:42 Publié dans Typo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fornarina, hocus pocus, mixte, asia argento
11 mai 2008
The place to be... seated
Dans ma note du 12 avril, je vous montrais des piles de mags trônant au beau milieu d’un visuel de pub ou d’une photo de mode. Un élément de décor identitaire sur lequel on peut s’asseoir, poser négligemment ses petits objets perso, étaler son égo, aussi. Le Book Stool est un tabouret design formé d’une belle pile de mags retenus par une sangle de nylon. 25 euros. À ce prix, vous n’aurez que la sangle, car c’est à vous de fournir les magazines. Gare au choix crucial de la couve qui figure tout en haut de la pile…

22:28 Publié dans Objet | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tabouret, book stool
09 mai 2008
Dare or die : drôle de loi du désir
À l’origine de Dsquared2, Dean et Dan Caten, deux jumeaux canadiens qui ont réussi à imposer au monde
de la mode leur sex-appeal déjanté.
La campagne automne/hiver 2007/2008 prenait place aux abords des soubassements d'un pont autoroutier,
zone de non-droit idéale pour des courses de vitesse hors la loi, terrain privilégié des règlement de comptes
où l’on balance les cadavres au crépuscule. Des trucs auxquels la jeunesse dorée vient se frotter lorsque
les pool parties saupoudrées de cocaïne ne lui font plus ni chaud ni froid.

Et comme, par nature, il en faut toujours plus aux adrénalinomanes, la campagne printemps 2008
(également signée Steven Meisel) monte d’un cran dans la transgressivité pour atteindre le dérangeant.
Des parties de jambes en l’air avec crash test dummies en miroir, c’est une esthétique qui évoque Crash,
le film de Cronenberg. Orgasmes mentaux sur fond de tôle froissée, comme une version métallique
du jeu du foulard.



17:20 Publié dans Ambiance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dsquared2, porno chic, steven meisel







